Don't curse the darkness, light a candle.

For video click the picture (Italian, by Stefano Masetti, Castle of Poppi, Arezzo's county, the 14th june 2008, when my little book was preferred )
Dante was never again to return to Florence. Not even when Guido da Battifolle as podestà of the city promulgated an ordinance which seemed tailor made for him.
The date was May 1315; the city was weary of riots and revenges; the feast of Saint John, patron saint of Florence was only a month away. Dante had received insistently repeated encouragemet from friends and relations, good people with much influece. Before him llay many letters and messages from them. Among them perhaps a message from a Franciscan monk whom he had known in the days he frequented Santa Croce, or a Dominican from Santa Maria Novella.
Might it really be possible to return, find again all he holds most dear, wander through the silvery steets along the sweetly scented Arno, see again his wife Gemma, their children Pietro, Iacopo, Antonia, his brother Francesca, his sister Tana, the friends from his youth, musicians and poets?...
Dante must have sat some several hours in torment at his desk, perhaps even a whole sleepless night: a first draft, soon torn up, then re written and again rejected. At last he penned this answer which has come down to us in its entirety:
To a Florentine friend, May 1315
[1]. In your letters received with affectionate due respect, I have learned with grateful and careful consideration how much my return to the motherland is of great concern to you, and thus the more tightly you have obliged me as the more rarely happens that exiled find friends.
But the answer to the content of those letters, even if perhaps its tenor is not what the cowardice of some may wish for, I cordially request that before any judgement, be assessed under the scrutiny of your wisdom.
3 [2]. Here is therefore what from yours as well as from my nephew's letters, and from those of many other friends, has been reported to me concerning the resolutions made in Florence on the acquittal of the disbanded: should I want to pay a certain amount of money and be prepared to face the shame of the offer, I might be acquitted and immediately return.
4 Concerning such acquittal, oh father, two things are laughable and badly advised by those who have written such things, since your letter, phrased with different understanding and wisdom, contained nothing of the kind.
5 [3]. Is this the tone of the call with which Dante is being asked to return home after having been sent into exile for almost fifteen years? Has innocence, obvious to anyone, this deserved? This, the incessant sweat and hard work in studying?
6 Far from this man, familiar with philosophy, such baseness of mind to the point of irrationally accepting, while almost in fetters, such an offer as Ciolo and other wretched ones had received.
7 Far from this man, who is a herald of justice, the payment, after suffering from such abuses, of his money to the wicked as if they were benefactors.
8 [4]. This is not the way back home, oh father; but if a different way is found, either soon by you or later by others, which will not undermine Dante's fame and honour, that, not at a slow pace, I will accept; since should I not enter Florence in such a way, I shall never enter Florence.
And what then? Perhaps will I not see the light of the sun and the stars anywhere? Perhaps will I not meditate upon the sweet truth anywhere under the sky, if first I do not return to my city, without glory, but to the shame of the Florentine people? I certainly will not go without bread.
Latin original text:
1 In litteris vestris et reverentia debita et affectione receptis, quam repatriatio mea cure sit vobis et animo, grata mente ac diligenti animadversione concepi; et inde tanto me districtius obligastis, quanto rarius exules invenire amicos contingit.
2 Ad illarum vero significata responsio, etsi non erit qualem forsan pusillanimitas appeteret aliquorum, ut sub examine vestri consilii ante iudicium ventiletur, affectuose deposco.
3 Ecce igitur quod per litteras vestras meique nepotis nec non aliorum quamplurium amicorum, significatum est michi per ordinamentum nuper factum Florentie super absolutione bannitorum quod si solvere vellem certam pecunie quantitatem vellemque pati notam oblationis, et absolvi possem et redire ad presens.
4 In qua quidem duo ridenda et male preconsiliata sunt, pater; dico male preconsiliata per illos qui talia expresserunt, nam vestre littere discretius et consultius clausulate nichil de talibus continebant.
5 Estne ista revocatio gratiosa qua Dantes Alagherii revocatur ad patriam, per trilustrium fere perpessus exilium? Hocne meruit innocentia manifesta quibuslibet? hoc sudor et labor continuatus in studio?
6 Absit a viro phylosophie domestico temeraria tantum cordis humilitas, ut more cuiusdam Cioli et aliorum infamium quasi vinctus ipse se patiatur offerri!
7 Absit a viro predicante iustitiam ut perpessus iniurias, iniuriam inferentibus, velut benemerentibus, pecuniam suam solvat!
8 Non est hec via redeundi ad patriam, pater mi; sed si alia per vos ante aut deinde per alios invenitur que fame Dantisque honori non deroget, illam non lentis passibus acceptabo; quod si per nullam talem Florentia introitur, nunquam Florentiam introibo.
9 Quidni? nonne solis astrorumque specula ubique conspiciam? nonne dulcissimas veritates potero speculari ubique sub celo, ni prius inglorium ymo ignominiosum populo Florentineque civitati me reddam? Quippe nec panis deficiet.
( From There Romena Lies Dante the Casentino (1289, 1302-1313), of Whitebeard, translated by Francesca White, forthcoming).
( Ici la tradution Francaise de Lola Poggi, forthcoming aussi elle)
Le grand refus
Dante ne reviendra plus jamais dans « la vallée fermée », et ne reverra plus Florence. Ni même quand Guido da Battifolle, devenu Podestat de la ville du lys, promulgua une ordonnance qui semble avoir été faite pour lui en mai 1315, peu de semaines avant le 24 juin, fête de Saint Jean Baptiste. Le nouveau Podestat avait été appelé pour ramener la paix et la sérénité à Florence, ville désormais lasse des rixes et des vengeances. L’ordonnance permettait le retour des bannis, à la seule condition de reconnaître leurs propres erreurs, et de suivre la procession, en habit de pénitent, parmi le peuple convié à la fête. Dante fut à plusieurs reprises sollicité par ses parents et amis. Il reçut de nombreux messages et lettres d’amis, de neveux, de gens influents et bons. Parmi eux un moine, un franciscain de « Santa Croce » et un dominicain de « Santa Maria Novella ». Qui sait ?
Pourrait-il réellement revenir parmi les siens, retrouver chaque chose si chèrement aimée, se promener dans les rues de Florence « pavées de cristal », contempler l’Arno « fin baume pour son âme », retrouver Gemma, ses fils Pietro, Jacopo, Antonia, son frère Francesco, sa sœur Tana, ses amis de jeunesse, musiciens et hommes de lettre, poètes et rimeurs…
Après des heures tourmentées devant son pupitre, peut être une nuit sans sommeil, une réponse esquissée, déchirée et puis réécrite et encore détruite, enfin, voici celle qui est parvenue à nous dans sa totalité : sa dernière lettre aux Florentins.
Lettre à l’ami florentin, mai 1315
[1] Par votre lettre, qui a suscité en moi les sentiments affectueux et admiratifs qu’elle mérite, j’ai appris, avec gratitude et attention, à quel point mon retour dans ma patrie vous tient à cœur ; vous m’avez d’autant plus obligé qu’il est rare pour les exilés d’avoir encore des amis. Toutefois, je vous prie cordialement de bien vouloir, avant de me juger, soumettre ma réponse, qui ne sera pas celle que la pusillanimité de certains souhaiterait, à l'examen de votre sagesse.
[2] Voici donc ce que votre lettre, celle de mon neveu et celle de plusieurs amis m'ont appris sur le décret qui vient d'être promulgué à Florence au sujet de l'acquittement des exilés : si j’acceptais de verser une certaine somme d'argent et de me soumettre à la honte de l' "offrande ", je pourrais être acquitté et rentrer immediatement. Dans cette proposition, deux choses sont risibles et mal méditées, mon père : mal méditées par ceux qui ont formulé de telles conditions, car votre lettre, inspirée par bien plus de sagesse et de discrétion, ne contenait rien de tout cela.
[3] Est-ce donc là la grâce accordée à Dante Alighieri afin qu’il puisse rentrer dans sa patrie après avoir souffert l'exil pendant presque trois lustres? Est -ce donc là la récompense d'une innocence qui est évidente pour tout le monde, la récompense de tant de travail, de tant de temps alloué aux études? C'est une humiliation indigne d'un familier de la philosophie d'accepter d'être « offert", presque en chaînes, à la manière d'un Ciolo quelconque ou de tant d'autres infâmes. C'est indigne pour un homme qui prêche la justice et qui a été victime de l'injustice de récompenser les auteurs de l'injustice avec de l'argent, comme s’ils étaient des bienfaiteurs!
[4] Non, la voie du retour dans la patrie n'est pas celle-là, mon père; toutefois, si, par votre intermédiaire ou par celui de quelqu'un d'autre, on peut trouver une autre voie qui ne porte pas préjudice à la renommée et à l'honneur de Dante, je l'emprunterai sans tarder; car, si on ne peut pas retourner à Florence par une telle voie, jamais je ne retournerai à Florence. Quoi donc ? ne pourrai-je pas contempler partout la lumière du soleil et des astres? Ne pourrai-je pas m'adonner, partout sous le ciel, aux méditations sur la douce vérité, sans auparavant devoir me rendre, avec déshonneur et ignominie, à la cité et au peuple de Florence? Ce ne sera certainement pas le pain qui me manquera.

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